Plongée au Cauldron (Shotgun) à Komodo

Le « drift » le plus commenté de Komodo, mais aussi le plus mal décrit. Que représente réellement le « Cauldron », zone par zone, et la réponse honnête à la question : êtes-vous prêt à l'affronter ?

Mika Takahashi
Mika Takahashi
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Le Cauldron, commercialisé sur presque tous les bateaux de plongée sous le nom de « Shotgun », est un site de plongée dans un chenal de marée situé au nord du parc national de Komodo. Il s'étend entre deux îles, Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat, et c'est le seul site de plongée du parc où c'est l'eau qui vous porte. La marée comprime un grand volume d’eau dans un passage étroit, ce qui accélère le courant, et pendant environ trente secondes, vous volez littéralement.

C’est également le site le plus mal décrit de Komodo. La moitié des descriptions en ligne le présentent comme une dérive douce adaptée à toute personne maîtrisant bien sa flottabilité, ce qui est faux et parfois dangereux ; l’autre moitié le décrit comme des montagnes russes à cinq nœuds, sans préciser que cette partie ne représente qu’une petite partie d’une plongée qui est, pour l’essentiel, lente et tranquille. Ce guide est la version que nous remettrions à un client sur le pont supérieur la veille au soir, rédigée correctement. Si vous êtes encore en train de choisir un voyage, nos pages consacrées aux croisières à Komodo indiquent quels itinéraires permettent d’atteindre le canal nord.

Une remarque préliminaire avant d’entrer dans les détails. Le Cauldron n’est pas vraiment un site de plongée au sens où Batu Bolong en est un. Il s’agit d’une succession de quatre zones distinctes que l’on traverse dans un ordre fixe, chacune avec sa propre profondeur, son propre comportement des courants et sa propre faune marine. C’est surtout la compréhension de cette séquence qui distingue les plongeurs qui apprécient ce site de ceux qui passent toute la plongée légèrement en retard sur le programme.

Ce qu’est réellement le Cauldron

Le Cauldron est une plongée dans un chenal entre Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat, deux petites îles situées au large de la pointe nord de l’île de Komodo, à l’intérieur du parc national de Komodo. La plongée commence sur un récif en pente, traverse une plaine sableuse, descend dans une dépression en forme de cuvette au fond de la mer, puis ressort par un étroit passage rocheux où le courant s’accélère brusquement avant de vous propulser au-dessus d’un jardin de corail peu profond.

La profondeur varie d’environ 5 mètres dans les zones peu profondes à environ 25 à 30 mètres au point le plus profond de la cuvette. La visibilité est généralement de 20 à 30 mètres. La température de l’eau au nord se situe entre 26 et 28 degrés, ce qui est plus chaud que sur les sites du sud soumis à des remontées d’eau froide ; une combinaison de 3 mm est donc la norme. Le site se trouve à environ 45 kilomètres du port de Labuan Bajo, c’est pourquoi il est plutôt accessible par des croisières en bateau de plongée et des vedettes de longue distance que par de simples excursions à la journée.

DétailsThe Cauldron (Shotgun)
LocalisationCanal entre Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat, au nord du parc national de Komodo
Type de plongéePlongée en dérive dans le chenal, en fonction des marées, avec une première moitié au ralenti
Plage de profondeurDe 5 à 30 m ; fond de la cuvette entre 24 et 30 m environ ; le passage « Shotgun » entre 8 et 12 m environ
CourantFaible à modérée à l’approche, pouvant atteindre environ 5 nœuds dans le passage
Visibilité20 à 30 m
Température de l'eau26 à 28 °C
NiveauCertification Advanced Open Water, plus environ 30 à 50 plongées enregistrées et une véritable expérience de la plongée en dérive
EntréeEntrée en plongée depuis une annexe, lors d'une fenêtre de marée choisie par le guide
Rencontres emblématiquesRaies manta de récif, requins à pointe blanche et requins de récif gris, carangues géantes, gaterins
Distance depuis Labuan BajoEnviron 45 km, zone de croisière

Pourquoi ce site porte-t-il deux noms ?

Les deux noms décrivent deux caractéristiques différentes, et les gens les utilisent indifféremment uniquement parce qu'ils se rapportent tous deux au même site de plongée.

Le « Cauldron » (le chaudron) correspond à la cuvette. Il s’agit d’une dépression en forme de cratère dans les fonds marins, d’environ 40 mètres de diamètre, dont les parois sont recouvertes de gorgones et de coraux mous, et dont le fond est constitué de sable et de gravats. À l’intérieur, le courant s’atténue considérablement, ce qui permet de rester en suspension et d’observer les requins qui restent immobiles dans le tourbillon.

Le « Shotgun » est la sortie. À l’extrémité est de la cuvette, le fond marin remonte et se rétrécit pour former un étroit passage rocheux, et tout le volume d’eau traversant le chenal doit s’y faufiler. Le fait de forcer l’eau à passer par une ouverture plus étroite l’accélère, ce qui constitue tout le mécanisme, et le résultat propulse les plongeurs à travers l’étroit passage et au-delà du récif. Le nom est descriptif plutôt que marketing.

Vous entendrez également parler du récif peu profond situé à l’extrémité, appelé « China Shop », et d’une fissure sur le bord nord de la cuvette, appelée « Fish Bowl ». Ces quatre noms, le Cauldron, le Fish Bowl, le Shotgun et le China Shop, constituent l’intégralité de la plongée, dans l’ordre.

D'où vient le courant ?

Le courant du « Cauldron » est lié aux marées ; il s’agit d’une manifestation locale d’un phénomène bien plus vaste. Le parc national de Komodo se trouve sur la trajectoire du courant indonésien (Indonesian Throughflow), ce mouvement des eaux du Pacifique vers le sud en direction de l’océan Indien, qui s’engouffre dans le détroit des Petites îles de la Sonde. Deux fois par jour, la marée fait aller et venir cette eau à travers le parc, et chaque fois que le courant rencontre un rétrécissement, il s'accélère.

Le chenal de Gili Lawa est l’un de ces rétrécissements, et l’espace au niveau du « Shotgun » constitue un rétrécissement au sein même de ce rétrécissement. C’est pourquoi la même masse d’eau peut se déplacer nonchalamment sur le sable au début de la plongée, puis à plusieurs nœuds quatre-vingt-dix mètres plus loin. Rien dans ce courant n’est aléatoire ; c’est une question de géométrie et d’influence lunaire, et il est parfaitement prévisible une semaine à l’avance, ce qui explique pourquoi ce site peut être exploré en toute sécurité.

C’est également la raison pour laquelle ce site vaut le détour. Ce même courant qui rend le passage rapide transporte du plancton, et c’est ce plancton qui attire les raies manta venues se nourrir et qui anime les stations de nettoyage. Le frisson et la faune ont la même origine.

La plongée, zone par zone

La plongée au Cauldron s'effectue dans un seul sens, d’ouest en est, car c’est la direction dans laquelle le courant doit s’écouler pour que le site soit exploitable. Voici la séquence des étapes dans l’ordre où vous les rencontrerez. Les durées sont approximatives et varient en fonction de la force de la marée.

1. L’entrée et le récif en pente

Vous plongez depuis une annexe du côté ouest, près du récif de Gili Lawa Laut, et vous effectuez une entrée en négatif. Une entrée en négatif consiste à plonger sans air dans votre gilet stabilisateur afin de descendre immédiatement, plutôt que de flotter à la surface pendant que le groupe se rassemble. Sur un site où le courant est déjà présent, la surface est le seul endroit où vous ne devez pas rester, car trente secondes à dériver à la surface peuvent vous emmener bien au-delà du point où vous aviez prévu de descendre.

Si vous n’avez jamais effectué d’entrée négative, signalez-le lors du briefing. C’est une technique simple, que les guides enseignent en deux minutes, et il vaut infiniment mieux le signaler à l’avance que de découvrir le problème au point d’entrée. Notre guide de la plongée dans les courants en Indonésie aborde cette technique en détail, ainsi que les « reef hooks » et le positionnement en dérive ; cet article ne revient donc pas sur ces points.

Une fois en profondeur, les premières minutes sont calmes. Vous vous trouvez sur un récif en pente douce, avec des coraux durs et une bonne luminosité, et le courant est généralement modéré. Cette partie de la plongée surprend souvent les plongeurs qui s’attendaient à être propulsés comme par un canon dès leur entrée dans l’eau.

2. La plaine sablonneuse

La pente s’aplanit pour laisser place à un fond sablonneux à environ 20 à 23 mètres de profondeur, que vous traversez en direction de l’est. C’est la partie la plus calme et la plus tranquille, celle que la plupart des plongeurs oublient de mentionner par la suite, car la fin de la plongée l’occulte complètement.

Elle mérite pourtant qu’on s’y attarde. Des requins de récif à pointe blanche se reposent sur le sable, des raies pastenagues tachetées de bleu et d'autres raies plus grandes sont à demi enfouies, des anguilles-jardinières se tiennent en colonies et se rétractent à votre passage, et des gorgones et des gorgonaires sont disséminées tout au long du parcours. Comme le courant reste modéré, c'est la partie de la plongée où l'on peut réellement utiliser un appareil photo.

3. Le « Cauldron » lui-même

Le fond marin remonte jusqu’à environ 15 mètres, puis vous arrivez au bord ouest de la cuvette, qui constitue un paysage sous-marin véritablement saisissant. Il s’agit d’un cratère d’environ 40 mètres de diamètre, dont le fond s’enfonce entre 24 et 30 mètres selon l’endroit où vous le traversez.

On y plonge. À l’intérieur, le courant disparaît presque entièrement, et l’effet est similaire à celui que l’on ressent en sortant d’une rivière pour entrer dans un tourbillon derrière un rocher. C’est exactement ce dont il s’agit. C’est grâce à ce calme que la cuvette abrite des animaux : des requins de récif gris et des requins à pointe blanche se tiennent à l’affût dans les eaux calmes, de gros mérous restent immobiles, des vivaneaux de nuit et des gaterins s’entassent le long des parois, tandis que des carangues géantes patrouillent. On aperçoit assez régulièrement des raies manta à l’intérieur de la cuvette, mais pas de manière suffisamment fiable pour que quiconque puisse les garantir.

C’est également la partie la plus profonde de la plongée, et c’est là que se joue la gestion de votre réserve d’air. Les plongeurs qui ont effectué la traversée à 23 mètres avant de descendre dans le « bol » arrivent dans la zone à courant rapide avec moins d’air que prévu, or c’est justement cette partie qu’il ne faut surtout pas précipiter. Le Nitrox est ici plus utile que sur la plupart des sites de Komodo.

Divers hovering inside the bowl of the Cauldron dive site in Komodo with reef sharks in the slack water
À l’intérieur de la cuvette, le courant s’atténue presque complètement, ce qui explique pourquoi les requins y restent. L’eau calme correspond à un tourbillon situé derrière le rétrécissement, et non à une absence de courant dans le chenal.

4. Le Fish Bowl

Sur le bord nord du Cauldron se trouve une fissure dans la roche que les guides appellent le Fish Bowl. C’est un petit site facile à manquer si personne ne le signale, et c’est souvent l’endroit où la concentration de poissons est la plus dense de la plongée : des bancs compacts de carangues, de gattes et de vivaneaux se réfugient à l’abri de la roche.

La possibilité de s’y rendre dépend de la journée. En cas de forte marée, le groupe risque de traverser la cuvette trop rapidement pour faire un détour, et un bon guide prendra cette décision plutôt que de faire traverser latéralement huit plongeurs dans un chenal à courant fort juste pour voir une seule fissure. Si les conditions le permettent, cela vaut bien ces deux minutes.

5. Le « Shotgun »

C’est la partie que tout le monde vient voir, et elle dure environ trente secondes.

À l’extrémité est de la cuvette, le relief remonte brusquement et se rétrécit pour former un passage rocheux, d’une profondeur d’environ 8 à 12 mètres. Votre guide vous fera signe, généralement en vous rappelant de vider l’air restant de votre gilet, et vous remonterez dans le passage. Le courant vous emporte immédiatement.

La technique est à l’opposé de ce que suggère l’instinct. Vous ne nagez pas. Vous adoptez une position hydrodynamique, les bras repliés, et vous restez près du fond, car le courant est le plus rapide au milieu de la colonne d’eau et légèrement plus facile à gérer près du fond. Utiliser vos palmes ne sert à rien, si ce n’est à compliquer la tâche de votre guide pour vous suivre. L’erreur la plus courante est d’essayer de se diriger.

Les crochets de récif restent attachés à votre harnais pendant cette section. Ce n’est pas une plongée où l’on s’accroche ; le rocher ne constitue pas un point d’ancrage adapté à cette vitesse, et un crochet déployé dans un chenal à courant représente un danger pour vous et pour le récif. Ce conseil s’applique spécifiquement au « Shotgun » et ne contredit pas la situation générale à Komodo, où les crochets ont toute leur place sur les pinacles de Castle Rock et Crystal Rock. Nous fournissons gratuitement des crochets à chaque sortie ; il s’agit simplement d’une plongée où vous devez garder le vôtre rangé.

6. The China Shop

Le passage vous déverse au-dessus d’un jardin de corail peu profond, à environ 5 mètres, et le courant s’estompe presque aussi soudainement qu’il est apparu. Le nom est une plaisanterie sur le fait de se comporter comme un taureau dans un magasin de porcelaine, car les plongeurs arrivent à grande vitesse au-dessus d’un récif fragile composé de coraux durs et mous.

Le contrôle de la flottabilité est ici plus important que n’importe où ailleurs pendant la plongée, car vous passez en quelques secondes d’un déplacement rapide à un survol au-dessus de coraux vivants, alors que vos oreilles et votre adrénaline n’ont pas encore eu le temps de s’adapter. C’est également à «The China Shop» que la plongée redevient paisible : l’endroit est baigné de soleil, peu profond, regorge de poissons de récif et de vie macro, et on y voit des raies manta de récif, y compris des juvéniles, nager au-dessus. La plupart des groupes passent le reste de la plongée ici avant de déployer une bouée de marquage et de remonter.

Il est utile de rappeler l’ordre des événements, car il est à l’opposé de la réputation de ce site. « The Cauldron » est une plongée au rythme lent ponctuée d’un moment intense vers la fin, et non une « machine à laver » de trente minutes.

Les marées, et pourquoi la lune dicte le programme

Le Cauldron est l’exemple le plus frappant à Komodo d’un site où l’on plonge lorsque l’océan le permet, plutôt que lorsque l’itinéraire le prévoit. À bord d’un bateau de croisière, cela est évident pour les passagers : l’ordre des plongées change, l’heure du briefing est décalée et, parfois, le site est tout simplement supprimé du programme.

Quelle marée pour ce site ?

La condition essentielle est la direction. Le courant doit s’écouler d’ouest en est à travers le chenal, car c’est cette direction qui vous emporte depuis le récif d’entrée, à travers le banc de sable, dans la cuvette, puis vers la sortie par l’étrique. Si le courant s’écoule dans l’autre sens, la géographie ne joue plus : vous essayeriez de nager vers la section à fort courant depuis le mauvais côté, ce qui n’est ni possible ni raisonnable.

Il convient d’être clair sur un point, car les informations varient d’un site web d’opérateur à l’autre. Certains décrivent le Cauldron comme une plongée à marée descendante, d’autres comme une plongée à marée montante ou en crue. Ces deux descriptions circulent, mais elles ne peuvent pas être toutes deux universellement vraies. Ce qui est constant, c’est la direction du courant dans le chenal, que votre guide détermine à partir des tables des marées pour ce jour précis. Considérez la direction comme la règle et le terme utilisé pour décrire la marée comme une abréviation locale ; si vous êtes le genre de plongeur qui aime comprendre le programme, demandez lors du briefing dans quel sens va l’eau et pourquoi. À Komodo, les guides sont généralement ravis qu’on leur pose ce genre de questions.

Que se passe-t-il en cas de phase incorrecte ?

Il existe deux types de problèmes, et ils ne sont pas identiques.

Si le courant est trop faible, la plongée est tout simplement plate. Le « Shotgun » ne se déclenche pas, le « bowl » ne retient pas les poissons de la même manière, et vous vous retrouvez avec une agréable plongée sur un récif sablonneux ponctuée d’une brèche rocheuse. Personne n’est en danger et personne n’est enthousiaste.

Si le courant est trop fort, cela cesse d’être une plongée récréative. Au pic du débit printanier, le chenal présente les phénomènes qui font de Komodo un site véritablement redoutable : des jets horizontaux, des courants ascendants, des courants descendants et des turbulences de type « machine à laver » là où des courants opposés se rencontrent. La sortie de la cuvette, en particulier, est réputée pour entraîner les plongeurs plus profondément qu’ils ne l’avaient prévu. C’est pourquoi un opérateur compétent refusera ce site plutôt que de l’exploiter pendant une mauvaise phase, et pourquoi un guide qui dit « nous plongerons plutôt à Golden Passage aujourd’hui » fait son travail plutôt que de vous léser.

Marées de vive-eau, marées de morte-eau et votre semaine

L’amplitude des marées n’est pas constante. Aux alentours de la pleine lune et de la nouvelle lune, on observe des marées de vive-eau, où la différence entre la marée haute et la marée basse est la plus importante et où les courants sont les plus forts. Aux alentours du premier et du dernier quartier de lune, on observe des marées de morte-eau, avec une amplitude plus faible et un courant plus modéré.

Pour le Cauldron, les conséquences pratiques sont les suivantes. Les marées de vive-eau offrent les sensations les plus fortes et la fenêtre de sécurité la plus étroite, parfois d’à peine une heure environ, et constituent la phase la plus susceptible d’être purement et simplement annulée. Les marées de morte-eau offrent une plongée plus douce et plus indulgente, ainsi qu’une fenêtre plus large. Aucune des deux options n’est mauvaise. Un plongeur qui découvre le site pour la première fois a généralement tout intérêt à opter pour une sortie lors d’une marée de quarte, tandis que les plongeurs qui recherchent spécifiquement ce site pour la vitesse sont ceux qui consultent le calendrier lunaire au moment de réserver.

Comme une semaine à Komodo couvre environ un quart d’un cycle lunaire, la plupart des itinéraires combinent les deux types de marées. Les sites du chenal nord, y compris le Cauldron, sont généralement programmés en fonction des créneaux de marée en premier lieu, le reste de la journée s’articulant autour de ceux-ci, une approche que nous décrivons dans notre guide des itinéraires de croisière à Komodo.

Quand un site est écarté

Cela arrive, et il vaut mieux définir clairement vos attentes avant de réserver plutôt que d’être déçu une fois à bord. Le canal nord est exposé, et pendant la saison des pluies, qui s’étend approximativement de décembre à février, le vent et la houle peuvent rendre les sites du nord inaccessibles pendant plusieurs jours d’affilée. Les bateaux privilégient alors la partie centrale et sud du parc. Notre guide sur la meilleure période pour visiter Komodo présente en détail les variations saisonnières.

Aucun opérateur ne peut vous garantir l’accès au Cauldron au cours d’une semaine donnée, et celui qui le prétend en dit davantage sur lui-même que sur le site.

Ce que vous verrez

Le Cauldron est un site atypique à Komodo, car il offre à la fois un véritable spectacle en grand angle et une plongée macro de qualité, dans des zones distinctes, au cours d’une même plongée.

Les raies manta

Les raies manta de récif sont la principale attraction, et on les observe régulièrement au Cauldron, mais sans garantie. Il existe des stations de nettoyage dans et autour du chenal, et le récif peu profond à la sortie est un lieu connu pour les raies manta, y compris les juvéniles, qui y passent.

Les raies manta sont présentes dans le parc national de Komodo toute l’année. Les observations se concentrent lorsque le plancton est le plus abondant, ce qui correspond globalement à la période de décembre à février, avec une fenêtre plus large de part et d’autre. Mais si votre priorité est une plongée avec des raies manta garantie plutôt qu’une traversée du chenal, la réponse honnête est de réserver les sites qui existent à cet effet : nos guides sur Manta Point à Karang Makassar et Manta Alley au sud de Komodo proposent tous deux des rencontres bien plus fiables. Le Cauldron est une plongée de relief où l’on peut parfois apercevoir des raies manta.

Requins, carangues et bancs de poissons

Le « Bowl » est la partie la plus fiable. Les requins à pointe blanche de récif sont pratiquement assurés d’être présents : ils se reposent sur le sable à l’approche du site et restent dans les eaux calmes à l’intérieur du cratère. Les requins gris de récif rôdent en périphérie. Les carangues géantes chassent au milieu de nuées de fusiliers, et la faille du « Fish Bowl », sur le bord nord, regorge de carangues, de gaterins et de vivaneaux lorsque le groupe a le temps de s’y rendre.

Des raies aigles et des raies diables font leur apparition dans le chenal. De grandes raies pastenagues reposent sur le sable. Les napoléons et les gros mérous camouflés sont des habitués de la cuvette. On n’est pas ici face à la densité pélagique de Castle Rock et Crystal Rock, qui restent les meilleurs sites du parc pour le nombre impressionnant de requins et de carangues en bancs, mais les animaux ici sont proches, calmes et immobiles dans des eaux tranquilles, ce qui permet souvent une meilleure observation qu’une plongée « accrochée » dans un courant violent.

Sunlit shallow coral garden at the China Shop, the reef beyond the exit of the Shotgun channel in Komodo
Le « China Shop », ce jardin peu profond au-dessus duquel le passage vous libère. Le courant s'atténue ici en quelques secondes, c’est pourquoi la flottabilité est plus importante à cinq mètres lors de cette plongée qu’à vingt-cinq.

La macro à laquelle personne ne s'attend

Comme la moitié de la plongée se déroule lentement, le Cauldron récompense les plongeurs qui savent se faire discrets. Des colonies d’anguilles de jardin se dressent sur la plaine sablonneuse. On trouve des nudibranches, des poissons-verre et des poissons-grenouilles le long des sections de récif, et des hippocampes pygmées ont été signalés sur les gorgones des parois de la cuvette, même si en trouver un tout en gérant une plongée dans le chenal demande beaucoup au guide.

De manière réaliste, considérez la macro comme un bonus lors de l’approche et dans le « China Shop » plutôt que comme la raison d’être sur place. Une plongée dédiée à la macro ailleurs dans le parc constituera un meilleur usage d’une bouteille.

Meilleure période de l’année

PériodeConditions dans le chenal nordCe que cela signifie pour cette plongée
D'avril à juinDébut de la saison sèche, bonne visibilité, mer calmeAccès fiable, excellentes conditions générales
Juillet à aoûtPleine saison sèche, courants de marée les plus forts lors des grandes maréesLes plus grosses vagues, et le plus grand nombre d'annulations lors des marées de vive-eau
De septembre à novembreMerveilleuses conditions, bonne visibilité, moins de bateauxSouvent le meilleur compromis entre accessibilité et conditions
De décembre à févrierSaison des pluies, vent et houle au nordPériode de pointe pour le plancton et l'activité des raies manta, mais l'accès au nord est aléatoire
MarsPériode de transition, conditions météorologiques variablesDe nombreux bateaux se repositionnent ; l’accès varie d’une semaine à l’autre

En résumé : si vous souhaitez plonger spécifiquement au Cauldron, la saison sèche, d’avril à novembre, est la période la plus judicieuse, septembre à novembre constituant sans doute la période idéale.

Peut-on y plonger ? Exigences et limites réelles

C’est la section la plus importante, car le Cauldron est le site où l’écart entre ce qu’un plongeur est techniquement capable de faire et ce qu’il devrait faire en toute sécurité est le plus grand.

Certification et expérience

Le Cauldron nécessite une certification Advanced Open Water ou équivalente, et en pratique, environ 30 à 50 plongées enregistrées avec une véritable expérience des courants. Neptune applique systématiquement l’exigence du niveau Advanced aux sites du chenal nord, ce qui inclut également Castle Rock et Crystal Rock ; une spécialité équivalente en plongée profonde ou en dérive est acceptée à la place.

Ce chiffre de 30 à 50 plongées n’est pas une formalité inventée pour vendre des stages. C’est le nombre à partir duquel la plupart des plongeurs ont cessé de prêter attention aux bases. Si vous êtes encore en train de vous préoccuper de votre flottabilité, de votre assiette et de la position de votre binôme, il ne vous reste plus rien pour affronter un chenal qui décide de votre trajectoire à votre place. Plus le courant prévu est fort, plus nous nous rapprochons de la limite supérieure de cette fourchette.

Il faut préciser qu’on trouve ici et là, y compris dans un de nos anciens articles, l’affirmation selon laquelle les plongeurs Open Water peuvent plonger dans le Cauldron lors de marées faibles. Nous ne soutenons plus cette affirmation. Elle sous-estime la rapidité avec laquelle le chenal évolue au gré de la marée, et la réputation du site pour ses courants descendants à la sortie de la cuvette signifie que la marge d’erreur est plus réduite que ne le laisse supposer une marée faible. Si vous êtes titulaire d’une certification Open Water, Komodo vous réserve de nombreuses offres intéressantes, et nous préférons vous les présenter plutôt que de vous vendre une plongée que vous devrez survivre.

Les compétences qui comptent vraiment

  • L'entrée en apnée. Ce n’est pas difficile, mais cela doit devenir un réflexe, et le milieu d’un chenal en mouvement n’est pas l’endroit idéal pour l’apprendre.
  • Maîtrise de la flottabilité sans y penser. Surtout au « China Shop », où l’on arrive rapidement au-dessus de coraux vivants à cinq mètres de profondeur.
  • Aérodynamisme. Manomètres attachés, octopus rangé, rien qui ne pendille. Une console qui se balance librement à cinq nœuds finit par heurter le corail.
  • Déployer une bouée de balisage depuis la profondeur. La plongée peut se terminer en pleine mer, et un plongeur à la surface sans bouée est pratiquement invisible dans un chenal où circulent des bateaux.
  • Rester avec le guide. Cela va de soi, et c’est pourtant la seule chose qui tourne le plus souvent mal, car le passage rapide sépare les groupes de par sa nature même.

Les courants descendants et la sortie du « Cauldron »

Le Cauldron est réputé pour ses mouvements d'eau verticaux, en particulier autour de la sortie du bassin, et cela doit être considéré comme une caractéristique réelle du site plutôt que comme une rumeur.

Un courant descendant est un courant d’eau qui s’écoule vers le bas plutôt que latéralement ; il vous emmènera plus profondément que prévu sans aucun signe avant-coureur évident. La réaction à adopter est contre-intuitive et mérite d’être connue avant d’en avoir besoin. Ne gonflez pas votre gilet et ne nagez pas vers le haut : ajouter du gaz est l’option la plus risquée qui soit, car dès que vous quittez la colonne descendante, ce gaz provoque une remontée incontrôlée, ce qui constitue une situation d’urgence bien plus grave que celle dans laquelle vous vous trouviez au départ. Les courants descendants se comportent comme des courants de retour : puissants mais généralement étroits. La première chose à faire est donc de nager horizontalement pour sortir de la colonne, perpendiculairement au courant, en ajoutant peu ou pas d’air. Si le courant est plus fort que cela, mettez-vous en position négative, agrippez-vous à un rocher et déplacez-vous le long de celui-ci, ce qui vous permettra de maintenir une profondeur stable.

Il s’agit d’une technique générale pratiquée à Komodo plutôt que d’une spécificité de ce site, et nous l’abordons en détail dans notre guide sur les courants. Lisez-le avant le voyage, et non pas une fois à bord du bateau-pilote.

Le Cauldron est-il dangereux ?

Le Cauldron présente un risque réel mais gérable, qui provient presque exclusivement du mouvement de l'eau plutôt que de la présence d'êtres vivants. Les dangers spécifiques sont d'être entraîné plus profondément que prévu à la sortie de la cuvette, d'être séparé du groupe dans la section à courant rapide, et de remonter à la surface loin du bateau dans un chenal où circule la navigation.

En revanche, ce site est plongé des centaines de fois par saison sans incident, car les mesures de sécurité sont simples et bien établies : ne plonger que pendant la bonne fenêtre de marée, bien expliquer la procédure d’entrée et de sortie, former des groupes restreints, emporter une bouée de repérage et annuler la plongée si la phase n’est pas favorable. Les incidents graves à Komodo sont rares par rapport au nombre de plongées effectuées, et ceux qui surviennent impliquent généralement une séparation du groupe et une dérive en surface plutôt que le récif lui-même.

Une précision s’impose, tant que nous y sommes, car cette information circule largement. Un incident souvent cité, au cours duquel sept plongeurs japonais ont été emportés par le courant puis secourus par les garde-côtes, s’est produit au large de Nusa Lembongan, près de Bali, et non dans le parc national de Komodo. Les deux sites sont distants d’environ 800 kilomètres, et cette histoire est régulièrement attribuée à tort à Komodo dans les articles de voyage.

Si vous n’êtes pas encore prêt

Il n’y a aucune honte à cela et c’est un sujet de conversation courant à bord d’un bateau à Komodo. Si vous venez d’obtenir votre brevet, ou si cela fait quelques années, le chenal nord n’est pas l’endroit idéal pour votre première plongée en courant.

La progression la plus raisonnable consiste à passer la première partie de la semaine sur les sites centraux, plus tranquilles, puis à passer à des sites plus exigeants. Siaba Besar, Mawan et Wainilu sont calmes. Karang Makassar vous permet d’observer des raies manta dans un courant modéré et en eaux peu profondes. Batu Bolong constitue l’étape intermédiaire naturelle, et Crystal Rock est généralement le plus indulgent des deux pinacles du nord. Les plongeurs qui suivent cet ordre plongent souvent au Cauldron plus tard dans la même semaine après en avoir profité, plutôt qu’après l’avoir enduré, et notre guide pour débutants sur les croisières en Indonésie décrit à quoi ressemble une première semaine réaliste.

Indiquez honnêtement à votre guide votre nombre de plongées dès le début du voyage. Personne ne vous note : ce nombre détermine les sites qui vous seront proposés, et un guide qui connaît bien les conditions sous-marines prendra de meilleures décisions pour tout le monde. Si vous souhaitez que nous examinions votre certification et votre carnet de plongée en fonction d’un départ spécifique avant de vous engager, contactez-nous et nous vous donnerons une réponse claire sur les sites du nord qui vous sont accessibles.

En bref

Le Cauldron est une plongée dans un chenal soumis aux marées, entre Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat, qui part d’un récif en pente, traverse une plaine sableuse, descend dans une cuvette calme à environ 25 mètres, puis ressort par un passage étroit qui vous propulse à une vitesse avoisinant les cinq nœuds avant de vous libérer au-dessus d’un jardin de corail peu profond. Ce site nécessite une certification Advanced, environ 30 à 50 plongées et un courant d’ouest en est. Il vous offre la possibilité d’observer des requins en eaux calmes, de bonnes chances d’apercevoir des raies manta et environ trente secondes d’une sensation proche du vol, ce que la plongée récréative peut offrir de plus proche.

La plupart des plongeurs la considèrent comme la plongée la plus mémorable de la partie nord du parcours. Ce n’est pas la meilleure plongée, qui est généralement celle de Castle Rock, ni la plus belle, qui est généralement celle de Crystal Rock. C’est la plus mémorable, ce qui est tout autre chose et constitue justement l’intérêt de cette plongée.

Questions fréquemment posées

« The Cauldron » est un site de plongée en chenal, dont l'accès dépend des marées, situé au nord du parc national de Komodo, entre les îles de Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat. La plongée s'effectue dans un seul sens, d'ouest en est, et comprend quatre reliefs successifs : un récif d’entrée en pente, une plaine sableuse située entre 20 et 23 mètres environ, un cratère en forme de cuvette dans le fond marin d’environ 40 mètres de diamètre, dont le fond se trouve entre 24 et 30 mètres, et un passage rocheux étroit à l’extrémité est, où le courant s’accélère brusquement avant de libérer les plongeurs au-dessus d’un jardin de corail peu profond. Le cratère en forme de cuvette correspond au « Cauldron » proprement dit, tandis que le passage rocheux est appelé « Shotgun » ; c’est pourquoi le site porte ces deux noms. Contrairement à sa réputation, la majeure partie de la plongée se déroule lentement et sereinement ; la section rapide ne dure qu’une trentaine de secondes.
Le nom décrit l’effet que cette sortie produit sur vous. À l’extrémité est du Cauldron, le fond marin remonte et se rétrécit pour former un passage rocheux étroit d’environ 8 à 12 mètres de profondeur, par lequel tout le volume d’eau traversant le chenal doit passer. Le fait de forcer le même courant à passer par une ouverture plus étroite l'accélère, de sorte que les plongeurs qui remontent dans cette brèche sont propulsés à grande vitesse à travers celle-ci et au-delà du récif. À proprement parler, le Cauldron et le Shotgun sont deux caractéristiques distinctes d’une même plongée : le Cauldron correspond à la cuvette calme, tandis que le Shotgun désigne la brèche rapide. La plupart des opérateurs et des plongeurs utilisent ces deux noms de manière interchangeable pour désigner l’ensemble du site ; vous entendrez également appeler « China Shop » le récif peu profond situé à l’extrémité opposée, et « Fish Bowl » une fissure regorgeant de poissons située au bord de la cuvette.
Le Cauldron se trouve dans le chenal séparant Gili Lawa Laut et Gili Lawa Darat, deux petites îles situées au large de la pointe nord de l’île de Komodo, au sein du parc national de Komodo, dans la province de Nusa Tenggara oriental, en Indonésie. Il se trouve à environ 45 kilomètres du port de Labuan Bajo, ce qui le place hors de portée d'une excursion d'une journée classique et en fait principalement un site accessible en croisière, bien que certains hors-bord à longue autonomie puissent s'y rendre pour des groupes expérimentés. Il fait partie du groupe de sites du nord qui comprend également Castle Rock, Crystal Rock, Golden Passage et le phare de Gili Lawa Laut ; c’est pourquoi les itinéraires prévoient généralement de plonger sur ces sites au cours d’une même journée ou de deux jours, pendant que le bateau est ancré au nord.
La plongée s'étend sur une profondeur d'environ 5 à 30 mètres. On commence par descendre le long d'un récif en pente douce dans les eaux peu profondes, puis on traverse un fond sableux à environ 20 à 23 mètres ; le fond de la cuvette elle-même se situe entre 24 et 30 mètres selon l'endroit où on la traverse, ce qui correspond au point le plus profond de la plongée. Le relief remonte ensuite : le « Shotgun Gap » est relativement peu profond, entre 8 et 12 mètres environ, et le jardin de corail « China Shop », où l'on termine la plongée, se trouve à environ 5 mètres. Comme la partie la plus profonde se trouve au milieu plutôt qu'au début, la gestion de l'air peut prendre les plongeurs au dépourvu. Les plongeurs qui effectuent la traversée à 23 mètres puis descendent dans la cuvette atteignent souvent la section à courant avec moins d’air que prévu, ce qui explique en partie pourquoi le nitrox vaut davantage son prix sur ce site que sur la plupart des autres du parc.
Le courant qui traverse ce passage étroit peut atteindre environ 5 nœuds, ce qui dépasse de loin la vitesse à laquelle quiconque pourrait nager à contre-courant, et c’est justement là tout l’intérêt de la plongée. Le courant n’est pas uniforme sur l’ensemble du site : à l’approche, au-dessus du récif en pente et de la plaine sableuse, il est généralement faible à modéré ; à l’intérieur de la cuvette, il est quasi nul car celle-ci agit comme un tourbillon derrière le rétrécissement ; et l’accélération ne se produit que dans le passage lui-même. Lors des marées de printemps maximales, le chenal peut également développer des composantes verticales, c'est-à-dire des courants ascendants et descendants, ainsi qu’une turbulence de type « machine à laver » là où les courants opposés se rencontrent. La sortie de la cuvette, en particulier, est réputée pour entraîner les plongeurs plus profondément que prévu. C’est pourquoi les opérateurs compétents ne plongent sur ce site que pendant une fenêtre de marée spécifique et annulent purement et simplement la plongée si la phase n’est pas favorable.
Oui. Le « Cauldron » exige une certification Advanced Open Water ou une spécialité équivalente en plongée profonde ou en dérive, ainsi que, dans la pratique, entre 30 et 50 plongées enregistrées avec une véritable expérience des courants. Neptune applique systématiquement l'exigence du niveau Advanced aux sites du chenal nord, ce qui inclut également Castle Rock et Crystal Rock ; plus le courant prévu est fort, plus nous nous rapprochons de la limite supérieure de ce nombre de plongées. La raison n'est pas d'ordre administratif. C’est vers 30 à 50 plongées que la plupart des plongeurs cessent de prêter attention à leur flottabilité, à leur assiette et à la position de leur binôme ; or, un chenal qui détermine votre direction à votre place ne laisse aucune marge pour les fondamentaux. Vous entendrez parfois affirmer que les plongeurs Open Water peuvent y plonger lorsque le courant est faible. Nous ne partageons pas cet avis, car le chenal évolue plus rapidement au gré des marées que ne le laisse supposer une lecture des marées indiquant un courant faible.
Oui, mais considérez-les comme un bonus plutôt que comme la raison principale de votre visite. On observe régulièrement des raies manta au Cauldron, mais leur présence n’est pas garantie. Il existe des stations de nettoyage dans et autour du chenal, et le récif peu profond de China Shop, situé à la sortie, est un lieu connu pour les raies manta, y compris les juvéniles, qui y passent. Les raies manta sont présentes toute l'année dans le parc national de Komodo, mais les observations sont plus fréquentes lorsque le plancton est le plus abondant, soit environ de décembre à février. Le problème, c'est que ces mois-là sont aussi ceux où le vent et la houle rendent le chenal nord le moins accessible. Si votre priorité est de garantir une rencontre avec des raies manta, Karang Makassar, au centre du parc, et Manta Alley, au sud, offrent tous deux de bien meilleures chances. Le Cauldron est une plongée de relief où l’on peut parfois apercevoir des raies manta.
La saison sèche s'étend d'avril à novembre, la période de septembre à novembre offrant souvent le meilleur compromis. Pendant ces mois, le chenal nord bénéficie d'une mer calme, d'une visibilité comprise entre 20 et 30 mètres et d'un accès fiable. Juillet et août marquent le pic de la saison sèche et génèrent les courants de marée les plus puissants lors des marées de vive-eau, ce qui signifie les plus grosses vagues, mais aussi le plus grand nombre d'annulations. De décembre à février environ, la saison des pluies apporte du vent et de la houle sur les sites exposés du nord, et les bateaux privilégient souvent la partie centrale et sud du parc pendant plusieurs jours d’affilée ; l’accès devient donc aléatoire, même si l’activité du plancton et des raies manta atteint son apogée. Le mois de mars est une période de transition et varie d’une semaine à l’autre. Aucun opérateur ne peut garantir l’accès au site au cours d’une semaine donnée, car cela dépend à la fois des conditions météorologiques et d’une conjoncture favorable des marées.
Elle comporte un risque réel mais maîtrisable, et ce risque provient presque exclusivement des mouvements de l’eau plutôt que de tout être vivant. Les dangers spécifiques sont d’être entraîné plus profondément que prévu à la sortie de la cuvette, de se retrouver séparé du groupe dans la section à courant rapide, et de refaire surface loin du bateau dans un chenal où circule du trafic. Les mesures de sécurité sont bien établies : ne plonger que pendant la bonne fenêtre de marée, organiser un briefing approprié couvrant le plan d’entrée et de sortie, limiter la taille des groupes, emporter une bouée de signalisation de surface et annuler la plongée si les conditions ne sont pas favorables. Les incidents graves à Komodo sont rares par rapport au nombre de plongées effectuées et impliquent généralement une séparation du groupe et une dérive en surface plutôt que des problèmes liés au récif. Une anecdote à ne pas prendre au sérieux : l’incident largement relayé de sept plongeurs japonais emportés par le courant puis secourus par les garde-côtes s’est produit au large de Nusa Lembongan, près de Bali, à environ 800 kilomètres de Komodo.
Non. Les crochets de récif restent attachés à votre harnais pendant cette plongée. La plongée « Shotgun » est une dérive dirigée plutôt qu’une plongée en position fixe ; le rocher situé dans le chenal ne constitue pas un point d’ancrage adapté à cette vitesse, et un crochet déployé dans un courant rapide représente un danger tant pour vous que pour le récif. La bonne technique pour franchir le passage consiste à ne pas forcer : adoptez une position hydrodynamique, les bras repliés contre le corps, restez près du rocher où le courant est légèrement plus supportable qu’en milieu de nage, et n’essayez pas de nager ni de diriger votre trajectoire. Ce conseil s'applique spécifiquement au Cauldron et ne contredit pas la situation générale à Komodo, où les crochets ont véritablement leur place sur des pitons balayés par les courants tels que Castle Rock et Crystal Rock. Neptune fournit gratuitement des crochets de récif à chaque sortie ; il s'agit simplement d'une plongée où le vôtre reste rangé.